Dany Laferrière, le charme des après-midi sans fin

A l'origine j'avais prévu de lire ce récit en dégustant mon bento lors de l'escale aux Antilles…. Et finalement je l'ai commencé juste après et je n'ai pas été déçu. Ce roman autobiographique nous plonge dans les rues chaudes de Petit-Goâve en Haïti et dans la vie de Vieux Os, un jeune garçon qui vit auprès de sa grand mère Da qui fait sans doute le café le plus courue de toute la ville.
La première partie, les préparatifs, tourne autour des bagarres, des amitiés et des amours de Vieux Os et de ses amis Frantz et Rico. La deuxième partie, les journées turbulentes, est plus centré sur le monde des adultes et les problèmes politiques haïtiens. La dernière partie, le départ, se clôt sur des adieux….
 
 
 
 
Autour de Vieux Os, le narrateur, et Da, sa grand mère, on trouve Fatal, Nèg-Feuilles, Batichon, Vava, Camelo, Rico, Loné. J'ai aimé ce récit et son écriture.
J'ai aimé cette façon de nous faire percevoir par petites touches, petits tableaux, tous les grands moments de l'enfance et de l'histoire d'Haïti. Mais c'est sans doute la présence de tous ces personnages et de tous ces noms aux fortes sonorités qui m'ont le plus interpellé. Et c'est à la page 229, que j'ai appris et que j'ai aimé la façon dont pouvait se former les prénoms :
« [...] le gouvernement avait interdit aux gens de donner à leurs enfants toutes sortes de noms à coucher dehors. La plupart du temps, des noms qu'ils ont créés eux-mêmes à partir des évènements de la vie quotidienne. Par exemple : si l'enfant est né au bord du chemin, on l'appellera Chimin. Si la famille attendait un garçon, cette fois, et qu'il est arrivé une autre file, ce sera Asséfi. Ou si c'est le contraire : Acélhomme. »
 
 
Dany Laferrière, le charme des après-midi sans fin, éditions du Rocher, collection motifs, 2009, 296 pages.
 

Wells Tower, tout piller, tout brûler

Par le biais de BOB, le Blog-O-Book, j’ai reçu des éditions Albin  Michel ce recueil de nouvelles de Wells Tower.
Ce recueil est composé de neuf nouvelles. L’action des huit premières se passe au sein d’une Amérique contemporaine, alors que la dernière, portant ou donnant le titre au recueil, se situe entre la Scandinavie et l’Écosse entre la fin du VIIIème et le début du IXème siècle.

Toutes ces histoires ont en commun les relations familiales, l’étroitesse de ses relations, les difficultés à les entretenir mais aussi à s’en détacher.
Les histoires sont puissantes et l’écriture est rythmée. On y sent beaucoup de violences contenues et d’histoires de non dits comme seules les familles savent les créer et les sublimer !
Cependant les fins sont biens souvent trop sèches à mon goût… Elles s’arrêtent au bord d’un point. J’imagine que l’auteur a voulu ainsi montrer que la vie de ces personnes continuaient, qu’elles se relevaient ou au contraire s’enfonçaient dans leur histoire. Mais j’avoue, alors que j’étais véritablement entraînée dans  l’écriture de ces vies, je me suis sentie frustrée plusieurs fois arrivée à la fin du texte.
Wells Tower, tout piller, tout brûler, éditions Albin Michel, collections Terres d’Amérique, 239 pages. Texte traduit de l’américain par Michel Lederer.

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Walter Scott, Le Nain noir

Cette histoire a été publiée pour la première fois en 1816 et il fait parti de la première série des Contes du Tavernier.

Sculpture représentant Walter Scott placée au dessus d’une porte des jardins d’Abbotsford

Walter Scott est né à Edimbourg le 15 août 1771 et il est mort dans la salle à manger de son domaine d’Abbotsford dans les Borders le 21 septembre 1832. En fait à cette date, ce domaine qu’il occupe à partir de 1812, n’est plus à lui. Il lui est prêté à titre gracieux depuis sa ruine en 1826.

Je reviens d’un beau voyage en Ecosse pendant lequel j’ai lu ce roman. J’ai essayé de suivre aussi un peu Walter Scott sur ses terres. J’ai donc visité Abbotsford mais également l’abbaye de Melrose pour laquelle il a aidé financièrement à la préservation et aussi les magnifiques ruines de l’abbaye de Dryburgh ou il est enterré.

Abbotsford

Abbaye de Melrose

Abbaye de Dribburgh

Walter Scott est un des grands personnages de l’Ecosse. Il ne doit pas y avoir une ville dans les Borders qui ne fasse référence à son souvenir… Il y a des portraits de lui un peu partout. Il est en fait omniprésent… Lire ce roman dans ses conditions était idéal !

Abbotsford

Dans nombre de ces romans Walter Scott évoque cette vie dans les Borders autour d’Abbotsford. Et Le Nain noir n’échappe pas à la règle. L’histoire se passe au début du XVIIIème siècle a priori en 1708 lorsque le Prétendant, Jacques François Stuart, tente de débarquer en Ecosse pour reprendre son trône aux mains des anglais.
Ce roman évoque la vie érémitique d’Elshie Le Nain noir, allias Sir Edward Mauley et ses interactions avec les figures locales et notamment Isabella Vere et son père Richard Vere ainsi que Patrick Earnscliff et Hobbie Elliot.
Elshie, un homme difforme et nain, s’est installé loin des autres pour ne plus avoir affaire à eux. Mais la douceur d’une jeune fille, les complots de son père avec qui il a eu à traiter dans le passé, vont détendre sa misanthropie et mettre en difficulté le mauvais père.
Ce roman semble décrire avec précisions les us et coutumes de l’époque comme les changements agro-pastoraux du début du XVIIIème siècle :
P 563 :
« – Oui, dit le maître, mais tu sais très bien qu’y nous faut des navets pour nos longs moutons, mon ami, et pour les cultiver, y faut travailler dur avec la charrue et la houe ; pour ça, ça n’irait pas de rester assis sur le tertre couvert de genêts à bavarder au sujet des Nains noirs et autres balivernes, comme on le faisait au temps jadis, quand les moutons courts étaient à la mode.
– Bien, bien, mon maître, dit le compagnon ; m’est avis pourtant, qu’avec les moutons courts, les fermages aussi étaient raccourcis. »

Ou encore comme les vols de bétail et la mise à sac des fermes pour une parole de travers…

p. 615 :
« – Parbleu ! » s’écria un autre donneur de conseils contradictoires. « Y a pas besoin de beaucoup de science ; y a qu’à mettre un morceau de tourbe allumée au bout d’une pique ou d’une fourche ou de quelque chose, à sonner du cor, et à lancer le cri de rassemblement, et alors on a le droit de suivre le bétail en Angleterre, de le récupérer par la force, ou bien de prendre le bétail d’un autre Anglais, à condition de pas prendre plus qu’on vous a pris. Ça, c’est l’ancienne loi des Borders, faite à Dundrennan à l’époque de Douglas le Noir. Que personne n’en doute. C’est clair comme le jour. »

L’introduction de cette édition est donc très utile pour comprendre les romans écossais de Walter Scott. Elle a été écrite par Jean-Yves Tadié et permet de replacer toutes ces œuvres de Walter Scott dans leur contexte historique. Cependant j’ai trouvé le style de Jean-Yves Tadié un peu difficile à suivre.
Pour conclure, j’ai aimé cette histoire et j’ai surtout aimé la lire dans ces conditions !!

Walter Scott, Le Nain noir, éditions Gallimard NRF, bibliothèque de La Pléiade, 2003, p. 553 – 702.
Texte traduit de l’anglais / gaëlique, présenté et annoté par Alain Jumeau.

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Annie Barrows et Mary Ann Schaffer, le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Londres 1946
Pendant la guerre Juliet a écrit une série d’articles humoristiques sur celle-ci. Une fois la guerre terminée, ces articles sont publiés dans un recueil sous le titre Izzy Bickerstaff s’en va t’en guerre. Elle fait alors le tour des salons littéraires et des librairies pour la promotion de son livre. Elle reçoit alors la lettre de Dawsey Adams de Guernesey qui a en sa possession un livre qui a appartenu à Juliet et qui lui demande des informations sur l’auteur Charles Lamb.
De cette première lettre suit une longue correspondance entre Juliet, les habitants de Guernesey, son éditeur, Sophie la sœur de celui-ci et amie de Juliet et Susan Scott.
Juliet découvre alors le cercle littéraire de Guernesey et les personnes qui le font vivre. Elle découvre aussi la matière pour son prochain romain et décide de se rendre sur l’île pour les rencontrer et découvrir cet univers marqué par l’occupation allemande.
Le titre original de ce roman épistolaire est bien plus long et explicite que la traduction française : le cercle littéraire de Guernesey et de la tourte aux épluchures de pomme de terre.
Tout comme CookingKitten j’ai adoré ce roman. Dès les premières pages j’ai été plongé dans ce monde se relevant tout juste de la guerre. Les personnages sont attachants et on a envie d’en savoir plus sur eux, on a envie enfin de les voir se rencontrer, de passer de l’épistolaire à la vie en direct… C’est un peu comme aujourd’hui derrière nos blogs. Nous faisons pleins de rencontres virtuelles et la concrétisation de ces rencontres, même si elle fait un peu peur au début est toujours très stimulante !! J’ai eu cette chance et j’en suis ravie !!
En refermant ce livre, j’ai eu envie d’en savoir plus sur Charles Lamb mais aussi sur Charlotte, Emily et Anne Brontë. Et surtout, j’ai désormais très envie de lire les Hauts des Hurlevents de Anne Brontë !

Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows, le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, NiL, 2009, 395 pages.

Thomas Geha, le sabre de sang

Et voici la bande annonce du livre d’un ami, Thomas Geha !

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David Safier, maudit karma

Kim Lange est animatrice d’une émission télévisée. Toute sa vie tourne autour de son travail et elle en oublie sa vie de famille : son mari et sa petite fille.
Et puis très vite Kim Lange meurt et se réincarne dans le corps d’une toute petite fourmi. De ce corps, elle observe sa famille qui continue son chemin. Sa seule ambition alors est de retrouver cette vie. Pour cela, elle va donc passer de réincarnation en réincarnation toujours au plus près de sa fille et de son mari.

Ce roman qui promettait pourtant d’être très drôle ne m’a pas vraiment fait rire et j’avoue, à peine sourire…. Seule une scène de robe trop petite au tout début du roman m’a amusée. J’ai trouvé le reste plutôt convenue et sans grand intérêt.
Il y a un méchant ou plutôt « une méchante » qui tourne autour du mari et qu’il faut absolument évincer et toute l’histoire tend vers ce happy end… Bref je n’ai vraiment pas été emballée par cette histoire.
David Safier, maudit karma, Presses de la Cité, 2008, 319 pages

Tetsuko Kuryanagi, Totto-Chan la petite fille à la fenêtre

L’histoire se déroule dans les années 1940 au japon au tout début de la guerre. On suit la vie d’une petite fille turbulente qui se fait renvoyer de sa première école et débarque à l’école Tomoe. L’enseignement dans cette école est totalement différent des autres écoles. Les cours ont lieu dans d’anciens wagons et les élèves choisissent les matières qu’ils veulent étudier d’après les propositions des enseignants.
Il faut aussi noter la très grande importance du repas à l’école !! Ainsi le bento, traduit par panier-repas, doit toujours être constitué de quelque chose qui vient de la mer et quelque chose qui vient de la terre.
Je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire. En fait, il s’agit déjà d’histoires assez courtes misent les une à la suite de l’autre sans véritablement de relations entre chaque chapitre : on passe d’une journée à l’école à une autre avec des histoires qui paraissent abracadabrantesques. Ainsi jusqu’à la fin du livre je me suis dit que c’était bien mignon mais juste mignon…
En revanche la postface est très intéressante… En effet, on découvre que cette histoire est entièrement vrai…. Elle écrit que tout ce que j’y décris s’est réellement passé. Je n’ai rien inventé. Il m’a suffi de puiser dans mes souvenirs – et par chance, il m’en restait beaucoup (p. 254). Il s’agit en fait de la biographie de l’auteur Tetsuko Kuroyanagi qui a vécu une partie de sa scolarité dans cette école très spéciale.
Il faut également noter que cette histoire a tout d’abord été publiée sous forme de feuilletons dans la revue Jeunes femmes de 1879 à 1980, ce qui explique aussi ce découpage très abrupt.
Tetsuko Kuryanagi, Totto Chan, la petite fille à la fenêtre,éditions Pocket, collection Jeunes Adultes, 2008, 286 pages

Jean-Baptiste Del Amo, une éducation libertine

Quimper – Paris, 1760 – 1762.
Gaspard, un tout jeune homme, fuit Quimper et sa famille et se retrouve à Paris sans argent. Il découvre tout d’abord la Seine et ses métiers. Il s’ouvre aux odeurs parisiennes et à cette ville fourmillante de monde. Puis du fond de la Seine, il se hisse dans les salons parisiens au côté des plus riches.

J’ai eu du mal à lire ce roman. Et j’avoue que je ne sais toujours pas si j’ai aimé… Le héros, Gaspard, est plutôt antipathique et je l’ai bien souvent trouvé bête….
La première partie est très descriptive. Elle évoque Paris et ses rues chargées de monde, de travailleurs et d’odeurs. Elle évoque toute la gouaillerie des lieues. Elle évoque aussi la dureté et la tristesse des conditions de vie des gens qui ne font que travailler. La difficulté de trouver de quoi se nourrir pour un soir pour être encore en vie le lendemain et recommencer inlassablement…

Cette première partie m’a véritablement transporté dans Paris. En lisant je sentais toutes ces odeurs décrites par le narrateur.

Ensuite l’ascension de Gaspard et sa bêtise m’ont bien souvent ennuyé… Puis sur la fin, Gaspard est en proie à des délires où il revit sa vie bretonne et surtout son dernier jour à Quimper. Il se hait ou plutôt il semble haïr ce qu’il est devenu et ce que son corps a fait de lui et tente en vain d’en extirper les mauvaises humeurs. Là encore l’auteur rend parfaitement les sombres pensées et les doutes de Gaspard sur sa vie.

Jean-Baptiste Del Amo, une éducation libertine, éditions Gallimard, collection NRF, 2008, 434 pages

Franck Pavloff, Matin Brun

J'ai commencé le Circle Challenge ABC par une courte nouvelle. Une courte nouvelle mais une nouvelle très intense…
 
 
 
 
Il est difficile de résumer cette nouvelle de 11 pages (3 pages word) sans vous en dévoiler l'intrigue.
 
Je crois qu'il suffit de savoir qu'elle a été rédigé au moment de la nette montée de l'extrême droite en France en 1998, qu'elle est disponible gratuitement sur le net ici et qu'elle a déjà été tirée à 1 460 000 exemplaires….
Ce texte montre comment on s'habitue à la montée lente des extrémismes… Comment on finie par s'accoutumer aux pires exactions tant que l’on n’est pas touché par celles ci….
 
En cherchant sur le net des informations sur l'auteur, je suis évidement tombée sur l'article de wikipédia. Dans cet article, l'auteur cite Ich habe geschwiegen du Pasteur Martin Niemöller qui résumé parfaitement ce livre :
 
Je n’ai rien dit…
Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit…
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher… [...]
[...]
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
 
 
Franck Pavloff, Matin brun, éditions Cheyne, 1998 – 2009, 11 pages

 

Primo Lévi, si c’est un homme

Primo Lévi est né en 1919 à Turin en Italie et il y est mort d’une chute dans un escalier en 1987. Il est déporté au début de l’année 1944 dans un des camps d’Auschwitz. C’est vers la fin de sa détention, alors qu’il travaille au laboratoire de chimie du camp à la fabrication de caoutchouc, qu’il commence à rédiger cette chronique de deux hivers passés à la Buna.
La première édition de Si c’est un homme paraît en 1947 mais ce n’est qu’à la fin des années 60 que son histoire, traduite en anglais et en allemand, commence à être lue plus largement.
En dépit d’un sujet très douloureux j’ai trouvé que Primo Lévi écrivait avec beaucoup de recul de ce passé, voir même avec une certaine ironie, notamment lorsqu’il évoque les trocs, bourses et différents marchandages qui existent au sein du camp (p 118 – 132).
Le plus surprenant c’est sans doute l’absence de haine envers ses bourreaux. Ils sont anonymes et seul, peut être, le dialogue avec le médecin grec qui lui parle en dernier révèle ce sentiment (p. 239 – 241)
p. 241 : Le médecin grec refit une apparition tard dans la nuit, coiffé d’un passe-montagne, un sac sur les épaules. Il lança un roman français sur ma couchette :
- Tiens, lit ça l’Italien. Tu me le rendras quand on se reverra.
Aujourd’hui encore je le hais pour ces mots là. Il savait que nous étions condamnés.
Dans cette édition, qui recueille les réponses de Primo Lévi aux questions les plus fréquemment posées, il répond à cela en expliquant que :
P : 277-279 : La haine est assez étrangère à mon tempérament. […] Je dois ajouter, à en juger par ce que je vois, que la haine est personnelle, dirigée contre une personne, un visage ; or, comme on peut voir dans les pages mêmes de ce livre, nos persécuteurs n’avaient pas de nom, ils n’avaient pas de visage, ils étaient lointains, invisibles, inaccessibles. Prudemment, le système nazi faisait en sorte que les contacts directs entre les esclaves et les maîtres fussent réduits au minimum.
Je ne peux pas dire si j’ai aimé ou pas ce livre parce que ce n’est pas juste une histoire, c’est l’histoire et je ne pense pas que l’on puisse véritablement juger. En revanche, j’ai été touché par les mots et les maux de Primo Lévi et de toutes ces personnes qui ont vécu cet enfer.
Il y aurait beaucoup de phrases à noter et à retenir de ce livre. Mais voici celle qui m’a le plus marqué :
p. 135 : […] on s’accorde en effet à reconnaître qu’un pays est d’autant plus évolué que les lois qui empêchent le misérable d’être trop misérable et le puissant trop puissant y sont plus sages et plus efficaces.
Primo Lévi, si c’est un homme, éditions pocket, 2008, 315 pages.